
Dans le contexte de plusieurs événements criminels très médiatisés impliquant des adolescents à Montréal, Radio-Canada a sollicité l'expertise de Me Tiago Múrias, cofondateur du cabinet Ameur & Múrias, qui représente de jeunes contrevenants depuis 2012.
Me Múrias a d'abord nuancé la perception populaire : ce n'est pas qu'il y a plus de jeunes délinquants, mais que les crimes commis sont plus graves. La trajectoire délictuelle, autrefois progressive — partant de petits délits vers des infractions plus sérieuses — tend aujourd'hui à débuter directement par des crimes violents, parfois impliquant des armes à feu. Six de ses clients mineurs sont décédés depuis qu'il pratique le droit.
Sur les causes, Me Múrias cite en premier lieu l'appât du gain : pour un adolescent de 14 ans, de petites sommes d'argent représentent une opportunité considérable, surtout lorsque la famille est dans le besoin. Mais il s'agit rarement de pure cupidité. Ses clients cherchent aussi un sentiment d'appartenance, une place dans un groupe qui les reconnaît. Certains, nouvellement arrivés au Canada, ne maîtrisent pas encore les codes sociaux du pays et sont particulièrement exposés à la prédation des réseaux criminels organisés.
Me Múrias s'est également prononcé clairement contre l'allongement des peines d'emprisonnement comme solution à la délinquance juvénile, citant l'ensemble des études en criminologie qui démontrent que la sévérité des peines n'a aucun impact sur le taux de récidive. Il plaide plutôt pour le rétablissement de programmes de prévention qui ont fait leurs preuves et qui ont été abandonnés lors du creux de la criminalité dans les années 2010.
Ce type d'intervention publique reflète l'approche du cabinet : contribuer au débat social avec rigueur, à partir de l'expérience concrète du terrain.